mardi 15 mai 2012

Gérard Vulliamy





Gérard Vulliamy est né à Paris en 1909. C’est un peintre français d'origine suisse. Attiré très jeune par la peinture, il est encouragé par ses parents. Son père « était dans les affaires » et  peignait pendant ses loisirs. Sa mère faisait des dessins sur tissus. Il fera du dessin, de la décoration, de la publicité, de la mode, abordera  la peinture en 1928 et fréquentera  pendant trois ans l'académie d'André Lhote.
En 1932 Gérard Vulliamy rejoint le groupe Abstraction-Création, se lie avec  Jacques Villon, Robert Delaunay, d’Auguste Herbin, Jean Hélion, Anatole Jakovsky et Piet Mondrian.
Dès 1933, il expose chez Pierre Loeb.






sans titre 1973


Vers 1935 il pratique également le dessin, la gravure au burin et expose l'année suivante avec l'Atelier 17 de Stanley Hayter à la Galerie Pierre. Il commence à cette époque à s'intéresser à l'ethnographie et fait un stage au Musée de l’homme, ce qui influencera certaines de ses toiles abstraites. S'étant rapproché autour de 1934 des surréalistes, Vulliamy participe en 1938 à l'Exposition Internationale du Surréalisme à la Galerie des Beaux-Arts de Paris. 





 
Le Cheval de Troie, peint en 1937, qu'il y présente est caractéristique de la deuxième étape de son parcours, un surréalisme tumultueux, développant un univers fantastique dans la lignée d’un Jérôme Bosch. « Automatisme des formes et des mouvements, phénomènes d'érosion, avec une certaine corrélation entre les phénomènes d'érosion et les phénomènes intérieurs de l'être humain. Par-là même je cherchais à créer un espace dans lequel le mouvement m'amenait du paysage à l'intérieur des formes humaines, devenues êtres objets ou êtres végétaux, et inversement », confiera Vulliamy. 









 
Préoccupé par la technique des primitifs, il peint souvent sur bois par tons transparents, par glacis. Durant cette étape, il fréquente beaucoup, les poètes, entre autres Paul Eluard, André Breton, Georges Hugnet et plus tard Francis Ponge, Jean Tardieu, Jean Lescure et André Frenaud.
 Après s'être joint au groupe suisse de peintres surréalistes et abstraits Die Allianz, qui expose en 1937 à Zurich  et en 1938 à Bâle, Gérard Vulliamy est parmi les fondateurs en 1941 de La Main à plume. Il y retrouve ses amis Gérard Schneider et Raoul Ubac, collaborant par des gravures à sa revue clandestine.  Remarquable dessinateur et graveur et ayant l'occasion de connaître pendant la guerre des médecins psychiatres, il dessine en Lozère de nombreux portraits de fous et de folles dont il illustrera les Souvenirs de la maison des fous d'Éluard,  Le lit, la table de Paul Éluard en 1946, ainsi que La crevette dans tous ses états de Francis Ponge en1948.



Love of the sea 1935

 
En 1943, Vulliamy devient le second mari, après son divorce d'avec  Luc Decaunes, de Cécile Éluard, fille de Gala, et le père de Claire, petite-fille du poète. Il expose la même année à la galerie Jeanne Bucher (poème-préface d'Éluard, Seule) et en 1945, la galerie Denise René présente une rétrospective de son œuvre que préface Pierre Emmanuel.
 De 1944 à 1948 il réalise des illustrations pour plusieurs livres, d'Éluard et Ponge, ainsi que pour le journal Action.



étude pour le Songe d'une nuit d'été

En un troisième moment sa peinture se développe à partir de 1944 dans un sens non-figuratif. « De mon passage dans le surréalisme je gardais la passion du dessin, de l'écriture, de la structure d'une toile et de son mouvement. Mais je pensais espace couleur à travers la leçon des mes amis aînés Villon et Delaunay. C'est ainsi que graduellement je revins à l'abstraction vers l'année 1948. À cette date la révélation tardive du Midi et sa lumière ont marqué d'une façon certaine le début de ma peinture actuelle où l'irisation de la couleur crée une nouvelle réalité abstraite du paysage. »
 
Après deux expositions à la galerie Jeanne Bucher en 1949 (préface de Francis Ponge) et 1950, Gérard Vulliamy présente en 1952 et 1959 (préface de Jacques Lassaigne), ses peintures à la Galerie Roque.
 Des rétrospectives de son œuvre sont organisées en 1962 au Musée de Darmstadt en Allemagne et en 1978 au Musée Picasso d’Antibes.



dessin-surrealiste-encre-noire-et-sepia-vers-1937
  Vulliamy participe à de nombreuses expositions collectives en France et à l'étranger, notamment à la Kunsthalle de Berne en 1949, la Kunsthalle de Bâle en 1952, au Carnegie Institute de Pittsburg en 1955, 1958 et 1961, au Musée de Neuchâtel ainsi qu'à l'Institut d'Art Contemporain de Londres. Gérard Vulliamy participe également au Salon des Réalités Nouvelles et au Salon de Mai.
Dans les années 70 ses tableaux se peuplent de personnages mi-hommes, mi-animaux avec un retour à l'art primitif, rejoignant d'une certaine manière ses œuvres de 1933.
Il est décédé à  Labastide- d’Armagnac, dans les Landes, en 2005. 
 http://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9rard_Vulliamy


Le signe de la Joconde (1933-1934)


dimanche 6 mai 2012

Ernst Fuchs





Ernst Fuchs est né à Vienne en Autriche le 13 Février 1930. C’est un artiste peintre, dessinateur, graveur, sculpteur, architecte, scénographe, compositeur, poète, chanteur et l'un des fondateurs de l'École de Vienne du réalisme fantastique. Il prit ses premières leçons de peinture et de sculpture à l'âge de treize ans.
Il a étudié la sculpture avec Emmy Steinbock en 1943, s'inscrivit à l'École de peinture Ste Anna où il a suivi les cours du professeur Fröhlich en 1944, et il entra à l’Académie des Beaux-Arts de Vienne en 1945 où il a commencé ses études avec le professeur Robin Anderson C., passant ensuite à la classe d’Albert Paris Gütersloh.




“The Spirit of Mercury”


À l'Académie, il a rencontré Arik Brauer, Rudolf Hausner, Wolfgang Hutter et Anton Lehmden , avec qui il fondera plus tard ce qui sera connu sous le nom d'École viennoise du réalisme fantastique. Il est également un des fondateurs de l'Art-Club en 1946, ainsi que les Hundsgruppe, mis en place en opposition avec elle en 1951, avec Friedensreich Hundertwasser et Arnulf Rainer. 


  Dès l'âge de seize ans, il notait ses visions de villes bibliques avec une maîtrise et une véhémence saisissantes.
Pendant cette période, son travail a été influencé par l'art de Gustav Klimt et Egon Schiele, puis par Max Pechstein, Heinrich Campendonck, Edward Munch, Henry Moore et Pablo Picasso. En cherchant à obtenir les effets d'éclairage réalisés par des maîtres anciens comme Albrecht Altdorfer, Albrecht Dürer, Matthias Grünewald et Martin Schongauer, il a relancé et a adopté le Mischtechnik (technique mixte) de la peinture, tout en étant sensible à l'art de Léonard de Vinci, à celui de George Grosz et d’ Otto Dix, dont l'influence se fait jour dans les œuvres qu'il exécuta jusqu'en 1955, notamment dans le Christ devant Pilate (1955-56, dessin au pinceau, coll. de l'artiste).

 
Dans le Mischtechnik, le tempera à l'œuf est utilisé pour construire le volume, et il est ensuite émaillé avec de la peinture à l'huile mélangée à la résine, produisant un effet de bijou.
Fuchs voyagea aux États-Unis entre 1954 et 1956 et séjourna fréquemment à Paris entre 1950 et 1959.




Entre 1950 et 1961, Fuchs a vécu principalement à Paris, et a fait un certain nombre de voyages aux États-Unis et en Israël. Ses lectures favorites à l'époque étaient les sermons de Maître Eckhart. Il a également étudié le symbolisme des alchimistes et lu Alchimie et psychologie de Carl Gustav Jung. Ses exemples préférés de l'époque étaient le maniérisme, notamment Jacques Callot, et il a également été très influencé par Jan
Van Eyck et Jean Fouquet. 
Adam et eve

 

En 1956, il s'est converti au catholicisme romain (sa mère l'avait fait baptiser pendant la guerre afin de lui éviter d'être envoyé dans un camp de concentration).
En 1957, il entra à l'abbaye de la Dormition sur le mont Sion où il a commencé à travailler sur sa Cène monumentale, et il s'est consacré à la production de petits tableaux sur des thèmes religieux tels que Moïse et le buisson ardent. Il obtint une commande de trois tableaux d'autel sur parchemin, le cycle des mystères du Saint Rosaire (1958-1961), pour l'église du Rosaire dans Hetzendorf, à Vienne. Il traita également des questions contemporaines dans son chef-d'œuvre de cette période, le Psaume 69  entre 1949 et 1960. 







l'Ange de la mort



En 1958, il fonde la Galerie Fuchs-Fischoff à Vienne pour promouvoir et soutenir les jeunes peintres de l'école viennoise du Réalisme Fantastique. Avec Friedensreich Hundertwasser et Arnulf Rainer, il crée le Pintorarium.
Il est retourné à Vienne en 1961 et a eu une vision de ce qu'il appelle la Stil verschollener (La perte de style), la théorie qu'il exposa dans son ouvrage Architectura Caelestis: Die Bilder des verschollenen Stils (Salzbourg, 1966). 


Apocalypse Chapel

 




Depuis 1961, l'artiste est à la recherche de ce qu'il désigne par le " style disparu ". William Blake, Gustave Moreau, le Symbolisme et l'Art nouveau exercent une grande influence sur son œuvre.
Celle-ci s'enrichit, en outre, d'emprunts aux arts babyloniens, hittite, assyrien et à l'art ancien américain, créant de grands décors lithiques « le Signe de Moïse », 1977-78.
Il a également produit plusieurs cycles importants de gravures, tels que Licorne entre 1950 et 1952, Samson entre1960 et 1964, Esther entre1964 et 1967 et Sphinx entre 1966 et 1967. 










Behind Veronica's Cloth, 1953


 
À partir de 1970, il entreprend de nombreux projets sculpturaux comme la reine Esther (h. 2,63 m, 1972), située à l'entrée du musée, et également montée sur le bouchon du radiateur de la Cadillac à l'entrée du théâtre-musée Dali de Figueres  en Espagne.
En 1972, il achète, à Hütteldorf, la villa d’Otto Wagner, architecte de l’art nouveau, villa qu'il restaure et transforme. Le Musée Ernst Fuchs y est inauguré en 1988.
En 1974 il s'est impliqué dans la conception des décors et des costumes pour les opéras de Mozart et de Richard Wagner, dont La flûte enchantée, Parsifal et Lohengrin.

 








 
Il s'essaya au design industriel dans les années 1970 avec une série de 500 pièces de vaisselle en porcelaine haut de gamme Suomi par Timo Sarpaneva  que Fuchs décora pour l'allemand Philippe Rosenthal.
Il continue par la suite à peindre, dans des teintes très vives, des personnages mythiques dans des paysages (Arcadie, 1982-1984).
En 1993, Fuchs a fait l'objet d'une exposition rétrospective au Musée d'Etat russe de Saint-Pétersbourg, et fut l'un des premiers artistes occidentaux ainsi honoré.
   À travers une conception néoplatonicienne de l'artiste comme prophète, essentiellement religieux et mythologiques, les thèmes choisis par lui abordent aussi tous les aspects de l'individu et ceux du monde contemporain.
 http://www.larousse.fr/encyclopedie/peinture/Fuchs/152253
 http://fr.wikipedia.org/wiki/Ernst_Fuchs_%28artiste%29

Janus

A visiter (en anglais): http://www.ernstfuchs-zentrum.com/
                               http://ernstfuchs.com/


Paradis
Psalm 69, 1960
Samson finds the carcass of the lion,1961

SATAN'S HEAVEN, 1954
THE TRANSFIGURATION OF THE RESURRECTED
The Anti-Laocoon.
THE WEDDING OF THE UNICHORN, 1952-60

Battle Of The Gods That Have Been Transformed (1952)

Beinerne Flamme
Metamorphosis of Lucretia, 1958