lundi 9 juin 2014

Zao Wou-Ki









 Zao Wou-Ki (Zao, de son  nom, Wou-Ki ou Wou-ki de son prénom ; chinois: 趙無極 ou 无极 et pinyin: Zhào Wújí), est né le 1er février 1920 ou le 13 février 1921 à Pékin. C’est un peintre franco-chinois (Il obtient la nationalité française en 1964 grâce à André Malraux) rattaché, dans les années 1950, à la nouvelle Ecole de Paris.
Né dans une famille de grands lettrés, Zao Wou-Ki passe son enfance à étudier la calligraphie puis, de 1935 à 1941, la peinture chinoise et occidentale à l'école des beaux-arts de Hangzhou, où il devient professeur de 1941 à 1947.
( photo extraite de s Editions Cercle d'Art, texte de Claude Roy, Paris 1958)






1964


Il est formé au croisement des deux traditions qui se partagent la formation des jeunes artistes, la tradition chinoise (Song) et l'académisme européen, croisant calligraphie, dessin d'après modèle, peinture à l’huile, perspective linéaire et atmosphérique.
Les premiers tableaux que Zao Wou-Ki expose en 1941 doivent beaucoup à la modernité telle qu'il l'a perçue au travers d'illustrations de livres ou de magazines.




1979


  En 1948, à 27 ans, Zao Wou-Ki part pour la France. Arrivé à Paris le 1er avril, il s'installe à Montparnasse et suit les cours d'Emile Othon Friesz. Il réalise, la même année  des œuvres figuratives marquées par l’influence de Picasso et de Matisse jusqu’en 1954. Sa peinture, un temps influencée par Paul Klee, s'oriente vers l'abstrait.  



1993, collection Fondation Maeght




Ses toiles portent désormais pour titre la date de leur achèvement. Des masses colorées donnent corps à un monde en création, sorte de Big Bang originel, où la lumière structure la toile. Il travaille souvent de grands formats, parfois sous la forme de diptyques ou de triptyques, où formes et couleurs explosent.
A partir de 1954, sa rencontre avec Henri Michaux le pousse à renouer avec la technique de l'encre de Chine, développant des thèmes abstraits influencés par les rythmes de la peinture chinoise traditionnelle.






Foule noire, 1955








Il abandonne toute référence au réel et bascule définitivement dans l’abstraction. De 1954 à 1957, le passage vers l’abstraction complète s’effectue au moyen de signes inspirés de caractères chinois antiques, d’inscriptions archaïques gravées sur les os divinatoires et les bronzes rituels.
A partir de 1957, les titres des œuvres disparaissent. Avec l’aide des imprimeurs (Desjobert, Bellini, Lacourière et Frélaut principalement), Zao Wou-Ki joue sur les superpositions de couleurs pour créer des estampes aux nuances chromatiques riches.







Lithographie, 1987








Il s'invente un monde plastique, qui touche à l'abstraction atmosphérique et qu'il peint aujourd'hui encore, un monde que le signe lui-même a délaissé vers 1974.
Ce chemin est ponctué de découvertes plastiques et techniques, au gré d'un apprentissage long et scrupuleux, d'une conquête méthodique de moyens et de sources, alternant peinture à l'huile, techniques de la gravure, calligraphie et peinture à l'encre de Chine.
 








PAYSAGE AU SOLEIL. 1950,eau-forte





A partir des années 1960, les signes perdent leur aspect gravé et évoluent en coulures ou en magmas effervescents. Zao Wou-Ki, à la suite de son voyage aux Etats-Unis et sous l’influence de son galeriste new-yorkais Sam Kootz, marchand de Pollock, Motherwell, Rothko et De Kooning, se lance dans les toiles de grands formats, où il peut, plus aisément, se livrer à une peinture gestuelle.










A partir de 1971, Zao Wou-Ki se remet à la pratique de l’encre de Chine, technique qu’il maîtrisait depuis sa jeunesse et qu’il avait abandonnée à son arrivée en France, de peur d’être étiqueté « peintre chinois ». Ses estampes, plus lumineuses et transparentes, jouent avec le vide et le plein et cherchent cette fois-ci à décrire le silence. Ses estampes en feuilles inspirées des encres de Chine restent cependant très colorées. 

En revanche, à partir de 1982, Zao Wou-Ki ne grave qu’en noir pour les ouvrages de bibliophilie. Dans les derniers ouvrages, réalisés avec Claude Roy, Yves Bonnefoy ou François Cheng par exemple, Zao Wou-Ki joue de toutes les possibilités du noir et du blanc en passant par toute la gamme des gris.





 

Depuis 1983, il est reconnu et célébré en Chine, professeur de l'École des beaux-arts de Hangzhou. Il demeure une des figures qui redéfinissent les contours des courants des cultures, comme la Chine sait en produire.
En 2002, il est élu à l'Académie des Beaux-Arts, au fauteuil de Jean Carzou. Son discours en hommage à son prédécesseur est lu sous la Coupole par Arnaud d’Hauterives.











À l'invitation du Conseil général d'Indre-et-Loire, il réalise quatorze vitraux au prieuré de Saint-Cosme  à la Riche pour le réfectoire des chanoines, sa seule réalisation dans l'art du vitrail à ce jour (2011).




 
Zao Wou-Ki fait partie des peintres réunis pour l'exposition « L'envolée lyrique, Paris 1945-1956 » présentée au musée du Luxembourg (Sénat) d'avril à août 2006 (Vent, 1954, du Musée national d'art moderne ; Paysage boréal, 1954 ; Sans titre, 1955 ; Île, 1956)








Zao Wou-Ki a notamment illustré de gravures et lithographies des livres de Henri Michaux (1950, 1981 et 1995), René Char (1957 et 1974), André Malraux (1962), Hubert juin (1962), Saint-John Perse (1965), Arthur Rimbaud (1966 et 1967), Michel Ragon (1968), Jocelyne François (1971), Ezra Pound (1972), Jean Lescure (1973), Jean Laude (1973 et 1974), Roger Laporte (1974), Roger Caillois (1974 et 1976), Léopold Sédar Senghor (1978), Philippe Jaccottet (1981), Lorand Gaspar (1981 et 1985), Pierre Lecuire (1982 et 1987), 









 Yves Peyré (1988 et 1991), André Velter (1989), Kenneth White (1990), Jean Frémon (1991), Khalil Gibran (1992), Pierre Seghers (1992), Yves Bonnefoy (1993, 1994 [traduction de sonnets de Shakespeare] et 1996), Claude Roy (1993), François Cheng (1994).


Il a procédé à la sélection des Estampages Han, parus en 1967, et en a rédigé la préface avec Claude Roy.
En hommage à Zao Wou-Ki, un timbre reproduisant l'une de ses œuvres est émis par les Postes françaises en 1995 (valeur de 6,70 F).
 En 2003, rétrospective à la Galerie du Jeu de Paume à Paris.










En 2008, rétrospective de l'œuvre gravé à la Bibliothèque nationale de France qui  conserve aujourd’hui un très riche ensemble des œuvres de Zao Wou-Ki grâce aux donations consenties par l’artiste et son épouse Françoise Marquet en 1979 et en 2007.






















A visiter:


Le soleil rouge, 1950
Foule noire, 1955