lundi 9 octobre 2017

Cécile Reims


 
Tsila Remz, devenue Cécile Reims, née en 1927. C'est une graveuse française.
Elle passe sa petite enfance dans une bourgade de Lituanie, chez ses grands-parents maternels dans une famille juive traditionnelle.

Elle arrive en France en 1933. La rafle du rafle du Vel d'Hiv disperse et anéantit sa famille. En 1943, elle s'engage clandestinement dans l'organisation juive de combat.
En 1946, apprenant que son oncle a été gazé dès son arrivée à Auschwitz et que sa famille restée en Lituanie a été massacrée, il lui faut donner un sens à cette vie devenue un privilège : elle s’engage dans l’armée clandestine juive et gagne la Palestine. Une grave atteinte de tuberculose la contraint à un retour en France pour y être soignée.
À Paris, à 17 ans, elle s'inscrit aux cours libres de la Grande Chaumière. Sa rencontre avec le graveur Joseph Hecht, maître rigoureux, lui fait découvrir le burin. Une révélation. 

Cet instrument exigeant, qui ne permet aucun repentir, va devenir son moyen d’expression privilégié. Elle dessine et grave le monde qui l’entoure dans Visages d’Espagne et Aube, s’inspire d’Ovide dans Les Métamorphoses. Elle devient une élève assidue  : elle trouve dans cette pratique une ascèse et un mode d'expression. Lors de l'année 1950 paraît le recueil Psaumes.
 En 1951, sa rencontre avec Fred Deux, dont elle devient la compagne, lui ouvre un nouvel horizon : le dépassement de la réalité. L’art devient, dès lors, le fondement de leur route commune. Cette même année, elle publie la série Visages d'Espagne
Mais face à la puissance créatrice de cet artiste proche de l’univers surréaliste et perçu comme un représentant de l’art brut en France, elle mesure son « défaut d’imagination » et va se détacher de son propre travail créateur pour devenir graveur d’interprétation. 
Cécile Reims, d'après Fred Deux, 1999
  En 1956, la fragilité de leur santé pulmonaire incite Fred et Cécile à quitter Paris et à s'installer dans une ancienne ferme, isolée dans la montagne, à Corcelles puis à Lacoux dans l'Ain, à proximité du plateau sanatorial d'Hauteville.
Aux gravures d'interprétation figuratives et aux sujets très réalistes du tout début succède un œuvre qui reflète une vision du monde anthropomorphique, où la condition humaine se confond avec celle de l'animal dans une nature minérale et mélancolique (Les Métamorphoses, Bestiaire de la mort en 1957-1958 et Cosmogonies, ensemble gravé en 1959 et publié en 2002).
Elle renonce momentanément à la gravure et s'intéresse au tissage et à l'écriture : L'Épure est éditée en 1962 chez René Julliard.

En 1966, le hasard lui fait croiser Georges Visat, l’éditeur de Hans Bellmer et des surréalistes. Visat est à la recherche d’un buriniste capable de graver des dessins de l’artiste sans trahir sa subtilité et sa sensibilité. Elle se lance dans la gravure d'interprétation et, entre 1967 et 1975, grave au burin et à la pointe sèche près de 250 dessins. De cette période elle dira : « J'étais un "passeur" auquel il appartenait de donner à la gravure l'acuité, l'intensité de l'original, et qui n'était présent que dans l'acte de s'effacer. » Avec Bellmer, elle collabore, sans jamais voir son propre nom mentionné, notamment aux illustrations du Marquis de Sade, en retravaillant avec lui les gravures publiées dans Petit traité de morale (1968). Le Coq ou la poule en 1968, Analogies ou le Canapé en 1968-69, Doriane ou Chapeau fille en 1969, des œuvres érotiques, parfois sulfureuses, proches du fantasme ou de la fascination hallucinatoire. Mais Cécile Reims possède une étonnante capacité à oublier le sens du dessin, concentrée sur les méandres du trait de Bellmer et le regard fixé sur son burin, incisant avec virtuosité le cuivre que, de sa main gauche elle fait pivoter sur lui-même, creusant son sillon avec jouissance, recueillant dans sa paume les copeaux, « poussières brillantes que je disperserai au vent ».
Bellmer par Cécile Reims





  Après la mort, en 1975, de Hans Bellmer, elle poursuit ses collaborations, grave pour Salvador Dali de 1969 à 1988 (artiste qu’elle ne rencontrera jamais), pour Léonor Fini de 1972 à 1995 (dont la fantaisie lui offre une aire de détente)
 
Cécile Reims, Léonor Fini L'œuvre gravé

http://fivecontinentseditions.com/fr/scheda.php?id=9788874395897

  mais aussi, dans une moindre mesure, pour Pierre Bettencourt, Fabrizio Clerici, Matazo Kayama, Stanislao Lepri, Robert Malaval, Paul Wunderlich et bien évidemment pour Fred Deux. Les estampes sont généralement éditées en livres et recueils : Kaddisch en 1982 d'après Fred Deux, Histoires naturelles, L'Exil des roches, L'Herbier charnel, L'Élan vital, Loin du temps, La Grande Muraille, Anatomies végétales.

  « L'œuvre de Fred Deux, quand j'y suis entrée, et pas seulement par le regard, m'a fait aller plus loin, plus profondément dans cette réalité irréelle que je pressentais et qui, à présent, à la fois double et infirme ce que mes yeux perçoivent. »


En 1985, Fred Deux et Cécile Reims s'installent à la Châtre, en Berry.
Le 17 janvier 2013, Cécile Reims a reçu des mains de madame le ministre de la Culture et de la Communication, l'insigne de chevalier de l'ordre de la Légion d'honneur3.
Les œuvres de Cécile Reims sont visibles au musée de l'Hospice Saint-Roch d'Issoudun, à la Bibliothèque nationale de France de Paris, au musée Jenisch de Vevey. Un bel ensemble est également conservé au musée d'art et d'histoire du judaïsme de Paris.

https://fr.wikipedia.org/wiki/C%C3%A9cile_Reims
https://www.tdg.ch/culture/musee-jenisch-presente-graveuse-francaise-cecile-reims/story/21304277
https://www.lagoradesarts.fr/Cecile-Reims-N-etre-qu-un-seul-et.html


 
Cécile Reims graveur - un film d'Isabelle Filleul de Brohy © Fondation ProMahj – mahJ - IFB Productions. from Isabelle Filleul de Brohy on Vimeo.

A visiter :
 http://chroniques.bnf.fr/archives/avril2004/numero_courant/expositions/reims.htm
http://lepoignardsubtil.hautetfort.com/apps/search/?s=c%C3%A9cile+reims
http://zazzetounmind.blogspot.fr/search/label/C%C3%A9cile%20Reims
http://assoseptiemesens.free.fr/vlo/indexvlo.html
http://galerieamargaron.com/artistes/cecile-reims/
https://www.museeissoudun.tv/cecile-reims-et-fred-deux.html


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